Débuter en running, ce qu’on ne vous dit pas

Titre running débutant

Hello !

Après les orgies des fêtes de fin d’année, le mois de la galette des rois, le mois des crêpes et autres beignets, le froid qui pousse à-manger-plus-gras-plus-sucré-parce-qu’on-a-besoin-de-lutter-contre, arrive inévitablement le moment où on constate que le chocolat fait rétrécir les jeans, et qu’il serait temps de se pencher sur cette chose verte là-bas, oui penchez-vous, les légumes qui poussent dans la terre.

 

2009 - copie

 

Et surtout, on en vient à se dire, en constatant qu’en plus de faire rétrécir les jeans, le chocolat fait jaillir des bouées dont on se passerait volontiers, même et surtout à la plage, cette célébrissime phrase : « Il faut que je me mette au sport ! » déclamée d’un air décidé, conquérant, déjà victorieux même.

Animée d’une motivation sans pareille (les nouvelles collections de maillots de bain nous y aidant), nous décidons vaillamment de devenir des sportives accomplies. Les comptes Instagram, les pages Facebook et autres vidéos Youtube nous montrant des tas et des tas de filles super fines, super musclées, capables de courir des centaines de kilomètres sans transpirer, on se sent un peu obligées de faire pareil.

Le premier sport qui nous vient à l’esprit, gratuit (pour ça on va en reparler, parce qu’à moins de courir dans un camp naturiste, ça coûte juste une blinde rien qu’en fringues), c’est le running.

Toutes ces filles qui vantent les mérites de la course à pied, le sentiment de liberté, la confrontation avec les éléments, le plaisir de la course, les sensations… Ca donne envie.

On regarde frénétiquement tous les articles sur « comment débuter le running », « Débuter la course à pied, comment je suis passée de feignasse à bombasse » et autres promesses que le running, c’est fingers-in-the-noose.

Alors tu vas vider ton compte en banque pour remplir tes placards de tout ce qui fait l’attrait principal du running : les baskets (quand tu vois le prix tu te demandes si c’est pour courir ou pour arpenter le trottoir que tu les achètes), la tenue-qui-va-bien avec les vêtements techniques (enfin, ça tu le fais après ta première sortie quand tu t’aperçois que non, toi tu n’es pas comme un ours polaire, le froid ça te glace, tu serais plutôt genre empereur maladroit, la goutte au nez et les dents qui claquent).

 

Running hiver vêtements

 

Et tu traines avec toi la première personne consentante (notion tout à fait relative) pour t’accompagner dans ta future carrière de sportive accomplie, en l’occurrence le copain, qui t’aide à te motiver : « On n’était pas bien à la maison ? Y fait froid ! On aurait pu regarder un film ! ». « Tais-toi ! Je vais devenir une bombe ! Tu seras bien content alors ferme-là et cours ! ».

 

Et là commence l’enfer.

 

D’abord, le copain, qui est aussi sportif qu’un chamallow, court comme si de rien n’était en se foutant de ta gueule, pendant que toi tu craches tes poumons, et que tu stoppes dès la troisième foulée en te demandant si tu vas pas crever.

Comme tu es fière, tu reprends ta course en bafouillant une excuse foireuse «  j’ai mal pris mon élan » (ben voyons) et tu te fixes comme objectif transcendant d’atteindre le poteau là-bas au loin… à 3 mètres.

Tu regardes ta montre qui chronomètre ta longue et héroïque foulée, et tu te rappelles ce que les autres filles débutantes annonçaient dans leurs articles / vidéos : « La première fois que j’ai couru, je n’avais pas fait de sport depuis toujours et j’ai couru tranquilou 5 km, et la seconde sortie j’ai fait 7 km. Là j’aborde ma troisième sortie, en fait je participe aux 10 km des Je-me-la-Pète ! »

Tu te dis que bon, c’était qu’un faux départ et que si elles, elles y arrivent, ben toi aussi tu vas le faire.

Et tu cours. Avec la légèreté d’un éléphant, l’aisance d’un poteau télégraphique et le souffle d’une baleine hors de l’eau échouée sur la plage.

 

Tu regardes ta montre frénétiquement : « Pu… trente secondes ? C’est pas possiiiiibleeeeeeeee ! »

 

Eh oui, c’est possible. D’ailleurs, pendant ta sortie (oui, je sors le vocabulaire des initiés, ça me donne le genre sportive-qui-s’y-connaît), tu te rendras compte que la seconde du running dure beaucoup plus longtemps que la seconde devant la série Once Upon A Time, un gâteau à la main.

Finalement, tu décides de faire une pause pour marcher. Toi aussi tu fais du fractionné : Trente secondes de course, 5 minutes de marche. La classe.

Au bout de trente minutes de honte course, tu déclares que la « sortie » est finie. Le copain se fout toujours de ta gueule en revenant (parce qu’il t’avait lâchement abandonné en cours de route au motif que tu le ralentissais !) et tu as constaté que tu développais un début de paranoïa : tous les gens qui courent autour te regardent en se disant forcément:

 

« quelle truffe celle-là, elle sait pas courir, elle a pas de souffle, elle est molle, et en plus, t’as vu comme elle est mal coiffée avec ses cheveux qui partent dans tous les sens. La pauvre, elle a abusé du blush ou bien… Ah non, elle est juste rouge comme une écrevisse ».

 

T'as vu comment elle court !
 

Tu décides néanmoins de renouveler l’expérience.

 

La semaine suivante (oui une semaine, y faut pas abuser des bonnes choses), toujours accompagnée du copain-toujours-aussi-ravi, habillée un peu mieux avec ton sac-exprès-pour-la-course-sur-le-dos-tu-ressembles-à-un-dromadaire-qui-fait-du-bondage, tu te relances dans la fosse aux lions.

Mais comme tu as un cerveau, à défaut de muscles, tu as potassé un peu mieux ton sujet avant. Et tu décides de marcher pour t’échauffer. Pendant 30 minutes. T’es la seule à marcher en tenue de running, le copain dix mètres plus loin (t’as le temps de le maudire cinquante mille fois : « je le tue ? », « je le largue ? », « je le force à se mettre un tutu rose ? »), et la cohorte de sportifs qui courent, eux, qui te regardent. Tu as vite compris que c’était pas parce que tu leur plaisais mais parce que tu marches, l’air renfrogné en faisant des incantations et en remuant les bras comme quand on court. Tu apprendras néanmoins que le ridicule ne tue pas et ça renforce ta volonté. Tu continues seule ta marche héroïque.

Au bout des 30 minutes, tu commences à courir en priant pour ne pas te prendre la même honte que la première fois. Et là, miracle, tu tiens sans t’arrêter dix minutes ! Bon tu n’as plus trop de souffle après, mais c’est déjà ça. Tu comprends au passage que l’échauffement, ce n’est pas sautiller parce que tu te gèles en attendant que le copain ferme la voiture.

Tu rentres chez toi avec la banane, la sportive en toi est réveillée ! Et tu attends de pied ferme la troisième sortie la semaine suivante.

 

3ème semaine : rebelote. 30 minutes de marche, tu te la pètes un peu genre t’es une grande sportive, tu vas battre ton record des 10 minutes en passant à 15, tu maîtrises trop la course, t’es une pro.

Sauf que. Tu craches encore plus tes poumons, et tu reviens à ton score épique de la première course : 30 secondes de course tu t’arrêtes. Tu cours 30 secondes, tu t’arrêtes. T’as envie de pleurer, de crier, de tout laisser tomber. Tu maudis tout le monde : le copain, le temps, les autres coureurs, les filles qui prétendaient que dès la première course c’était 5 km sans problème.

Tu rentres chez toi dégoûtée, de toi, de la vie, des autres.

Tu laisseras tomber le running et tu le reprendras, toujours avec ce même niveau médiocre, mais avec le vocabulaire et les tenues qui vont bien. La liste des aliments à privilégier dans ta tête (à défaut de les manger vraiment) et la décision de faire d’autres sports en même temps, parce que les autres y arrivent alors pourquoi pas moi ?

 

Voilà les débuts d’une vraie éternelle débutante en running.

 

Je persiste une fois ou deux par an à vouloir m’y remettre. Mon rêve est même de participer à une course pour pouvoir me dire que moi aussi j’y suis arrivée.

Mais j’en suis loin. Très loin.

 

Je continue d’acheter des tenues adaptées aux saisons. A défaut de maîtriser la technique, je commence à maîtriser les matières, les différents modèles.

Mes proches me regardent d’un drôle d’air : « Encore une tenue de sport ? Mais ça te sert à quoi ? » « A te faire parler Ducon ! » (ça tu le penses mais tu le dis pas, enfin pas toujours 😀 ). Après tout, j’ai bien une collection de chaussures, une de palette, alors pourquoi pas une collection de vêtements de sport ?

 

Si vous vous reconnaissez dans cette description (réelle) de l’éternelle débutante en running (ou dans un autre sport), n’hésitez pas à partager en commentaire votre expérience. Nous nous croyons souvent seule à ramer, alors qu’en fait, non.

 

Crédit photo We Heart It

Crédit photo We Heart It

 

Alors, êtes-vous, vous aussi, une éternelle débutante en sport ?

 

Bisous !

Addict to

 

2 aiment ce post

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14 Comments

  • Aurélie - Nails ans Beauty 12 février 2016 at 22 h 45 min

    Mdr j’ai A-DO-RE ton article ! Je me suis totalement reconnue dans ton expérience bien que je n’ai jamais dépassé le cap de la 1ère sortie Mais je ne désespère pas j’ai vraiment envi de courir me manque juste la motivation du premier départ Un grand merci à toi pour ce très bon moment de rigolage, au plaisir de te relire

    Reply
    • Addict to 12 février 2016 at 23 h 38 min

      Merci 😀 Garde courage, tu y arriveras ! C’est pas évident d’avoir la motivation, mais comme on dit, c’est le premier pas qui compte (et y va y en avoir, des pas, à défaut de grandes foulées 😀 ).

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  • esther 12 février 2016 at 23 h 44 min

    Hahahahahaha!!!Article au top!!!^^
    Je me suis retrouvée dans tes débuts!!!Hihihihihihihihiii!!! Mais j’ai arrêté!lol!!! Je me suis mise au sport à la maison!;)

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    • Addict to 13 février 2016 at 0 h 11 min

      Merci 😀 On en est toutes là 😀 Je tente le sport à la maison aussi, c’est pas triste non plus ! Tu fais lequel toi ?

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  • Sourire Framboise 14 février 2016 at 17 h 59 min

    Ahahahah ! Ton article est top !
    Bon d’accord j’admet, moi aussi je galère à chaque fois que j’essaie de me mettre à la course, et je finis toujours par abandonner.
    Bref, je préfère faire du sport en club ! Ah oui, et je fais de la muscu à la maison aussi, quand j’ai le temps
    Bisouus ❤

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    • Addict to 17 février 2016 at 4 h 38 min

      Merci ! 😀
      Tu fais quoi comme sport en club ? Muscu ? Cours collectifs ? Je me tâte pour m’inscrire en salle aussi.
      A la maison, ce qui est bien, c’est qu’on fait un peu comme on veut quand on veut (c’est-à-dire en ce qui me concerne, pas trop souvent 😀 ).
      Bisous !

      Reply
  • Pauline 3 avril 2016 at 11 h 40 min

    Très bon article, drôle et plein de vérité, ça nous change des filles à qui tout réussi avec cette impression d’extrême faciliter !!N’abandonne pas l’idée de la course en alternance avec ton sport à la maison c’est le top.
    Pour ma part j’ai essayé maintes fois avant de faire mes 10 bornes, copain qui râle chaque dimanche mais tant pis.. parfois c’est moins mais avec pr objectifs un semi marathon 22bornes 😉 il y a de la marge. Je reconnais aussi bien la parano des gens qui observent et ds ma tête je me vois courir comme phoebe ds friends
    On s’en fout …
    Ne perd pas espoir que tu puisses y arriver, tente de petites sorties

    Bon courage 🙂

    Reply
    • Addict to 5 avril 2016 at 5 h 45 min

      Merci 🙂
      Je n’abandonne pas l’idée de devenir sportive… un jour… 😀 Les copains râlent toujours, ça doit être dans leurs gênes 😀
      Bon courage pour ton semi marathon !

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  • Pauline 30 avril 2016 at 12 h 49 min

    Ton article ma vraiment bien fait rire, je me retrouve tellement au début, je court avec le chien et lui fait des centaines d’aller retour vers moi et ses coins pipi, alors j’ai l’impression que même lui je le ralenti 🙂

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    • Addict to 2 mai 2016 at 2 h 42 min

      Merci 🙂 Tu m’as bien fait rire avec ton chien 😀

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  • Stéphanie 30 avril 2016 at 16 h 49 min

    Excellent article ! Oh là là…oui, je me reconnais bien… J’ai fait le top body challenge sur 3 mois incluant 2 séances Cardio (donc courir…) et bien j’avoue, j’ai tellement souffert (oui… C’est le mot juste, souffert) que j’ai trouvé une alternative (zumba…) à la séance Cardio….
    Tout ça s’est soldé avec une hernie discale et me voilà au repos forcé !
    Runing ou pas !

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    • Addict to 2 mai 2016 at 2 h 45 min

      Merci 🙂
      Le TBC, un grand moment 😀 J’ai tenté la Zumba aussi, j’en ai parlé dans un autre article, c’était pas mal dans le genre aussi 😀
      C’est pas top ce qui t’est arrivé ! Soignes-toi bien 🙂

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  • Vampaiaa 30 avril 2016 at 18 h 08 min

    Très bon article tu m’as bien fais rire ahah

    Personnellement, ado j’étais sportive, puis j’ai commencé préférer sortir avec mes potes ou rester sur mon ordi et c’était fini. Par chance j’ai toujours fais des petits boulots étudiants qui me faisaient bouger (et qui m’a même fais perdre du poid :D)
    Par contre le running j’ai du testé 2 ou 3 fois dans ma vie mais j’ai jamais aimé. C’est pas du tout par flemme mais c’est par ennui, ça m’ennuie tellement de courir x)

    J’ai d’énorme problème de dos à cause de mon nouveau travail alors mon kiné interdit la course pour le moment alors je me suis remis à la natation et c’est vraiment agréable. Au contraire de ton cas, mon copain lui est très sportif (prof de tennis aussi) et réussi à courir 1h sans s’arrêter … Il a très envie de m’initier à la course et je lui ai promis d’essayer quand mon dos ira mieux … Souhaite moi bonne chance x)

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    • Addict to 2 mai 2016 at 2 h 48 min

      Merci 🙂
      Le running quand on souffre du dos ou des chevilles, genoux… c’est pas le mieux à cause des impacts. Je sais ce que c’est. Ne force pas.
      Ah moi au moins c’est pas le copain qui me forcera à faire du sport 😀 Je compatis et te souhaite bonne chance 😀

      Reply

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